Le Cinque Terre 2
Le cinque terre qu'est-ce que c'est ? c'est 5€ de droit d'entrée, c'est 9 km de ballade en hauteur sur les falaises qui s'enfoncent dans la mer, c'est des portiques, des cadenas, le sentier del Amore, des parfums, des oeuvres d'art dans des tunnels, ce sont des randonneurs français, c'est un vendeur de bijoux sur le chemin, très doux qui connaît le Brésil, qui a pris el treno de la muerte pour aller en Bolivie, ce sont des villes le long du chemin, Manarola, Corniglia , c'est Vernazza à 14h
ils se déshabillent, le premier plonge comme ça d'un coup dans la mer, I wish I could do the same, nager oublier le chaud le froid les conventions et juste sentir la mer tout autour de moi, faire partir du paysage que je contemple
on est assises, moi les pieds ballants au-dessus de l'eau, sur la jetée du petit petit port, tout est tranquille et moi j'essaie de me perdre dans la sensation, de regarder la mer jusqu'à ne plus la voir, jusqu'à ne plus percevoir que des ondulations, des boursouflures d'étain qui n'éclatent jamais, jusqu'à comprendre que c'est la lumière qui recouvre la mer et forme une autre mer, mais le mouvement continue dessous sans jamais pouvoir percer
je m'allonge aussi, je laisse le soleil me réchauffer
14h45 Lidia a faim.
une première pizzeria, une deuxième oui ! S'emo ...écrit tout en haut sur le mur, è romanaccio no ? no questo è toscano, je suis de Florence, je suis ici pel negozio ma sono di Firenze, una margherita, et vous ? nous on est brésiliennes et elle elle est française, et ce pot de nutella ? non on ne l'achète pas, on nous le donne, et comment vous faîtes pour récupérer le nutella tout au fond quand il arrive à la fin ? sourire, je ne sais pas c'est le premier pot comme ça que j'ai ! et il plonge un couteau dans un pot énorme, d'au moins 50cm de hauteur et tartine la focaccia de Lidia et la saupoudre de sucre glace, j'aurais aimé parler plus avec lui
le cinque terre qu'est-ce que c'est ? deux heures de marche dans le soleil descendant, dans la lumière déclinante celle qui m'exalte, c'est moi marchant de plus en plus vite me demandant quelles sont mes limites, j'aurais pu marcher encore plus vite, j'aurais pu voler, je gravissais les pentes et je ne sentais pas la fatigue, je respirais les odeurs qui remplissaient l'air
et à un moment donné, on commence à descendre et je sens que la lumière n'est plus la même, quelque chose disparaît de l'air, c'est le moment où imperceptiblement le monde s'efface je respire une fleur jaune, les fleurs peuvent êtres effrayantes, elles ne sont que pure ouverture mais elles n'ont pas d'yeux, pas d'âme, elles sont inaccessibles, et je continue de descendre, je m'enfonce dans la végétation quelques instants et quand la vue se dégage de nouveau Monterosso al mare est déjà là
une pause avant de redescendre vers la ville, je me remplis encore de vision et de parfums mais je sais que c'est déjà fini, le soleil est en train de tomber derrière les falaises, je veux descendre et de la jetée voir toute la côte, toute notre ballade, avant qu'on ne distingue plus rien, on suit la pente et c'est une musique de discothèque trop forte, je veux repartir en arrière, mais c'est déjà trop tard je veux retourner là où on était assises dans le silence et revoir la mer, je veux retourner dans le soleil et je me rends compte d'un même coup que ce que je veux c'est revivre la ballade, c'est retourner non pas dans l'espace mais dans le temps, mais les lieux s'anéantissent derrière nous et il faut continuer d'avancer, je suis allée vers la ville, vers la lumière vers la musique trop forte, la ballade était terminée
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si si les fleurs ont une âme...il faut juste plonger son regard un peu plus loin, toujours plus loin...y-a-t-il une oreille assez fine pour entendre le soupir des roses qui se fanent ?
RépondreSupprimerBabycakes
RépondreSupprimerJe suis amoureuse de ce texte..