samedi 21 novembre 2009

Le Cinque Terre 3

Le retour vers Bologne c'est une suite de trains et de gares qui se ressemblent,c'est la nuit épaisse froide interminable, c'est l'impression d'être nulle part c'est la fatigue, c'est l'attente d'un premier train, d'un deuxième trains deux fois,c'est un monde mort et vide et toujours ce noir étouffant, les mêmes panneaux, la même saleté, la même lumière fantasmagorique qui n'éclaire que faiblement les quais, c'est un macdonalds, c'est une jeune fille seule en face de moi, imperceptiblement elle fronce les sourcils, elle semble autre part, elle bouge les lèvres agite les mains, elle n'est pas seule, c'est un mendiant muet qui passe entre les tables, ses chaussures sont trouées, il s'arrête s'installe et mange quelques restes et passe de nouveau, c'est le froid de Parme, c'est une salle d'attente vitrine du monde de la nuit et de ses personnages perdus, ce sont des couvertures déposées dans l'angle de la pièce juste à côté de mon siège, un homme passe devant moi et se met au lit, je pense que j'ai froid et que je suis épuisée mais je m'en fiche, je sais qu'à un moment où à un autre je serai dans mon lit, que ce ne sont pas des moments qui durent, je pourrai oublier le monde, je pourrai m'oublier, mais lui est toujours là, toujours exposé, toujours dans le mouvement de la vie sans repos véritable, on ne peut pas rester là, on descend dans le tunnel qui mène au quai B et on s'arrête dans un photomaton, elles sont assises sur le petit siège et appuient sur les boutons, de la musique, je commence à danser et tout s'efface, l'espace est là pour moi, pour mes mouvements il est une scène et je me réchauffe et je me libère et je comprends pourquoi je préfre fame aux ballets, la danse est une façon de vivre, je suis sortie du monde de la nuit pour quelques instants... le retour vers Bologne c'est une cabine plongée dans le noir dans le dernier train de la soirée, c'est des jeunes gens soûls et gueulards et Bologne qui se rapproche,
et Bologne enfin
les lumières de la ville, la fête, la vie qui a toujours été là et à travers les vitres du taxi le temps recommence enfin à s'écouler

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